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| Dimanche 23 Decembre 2007 |
"La communication de Nicolas Sarkozy s'inscrit dans un présent perpétuel"
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François Jost, sémiologue et professeur à la Sorbonne, décypte la stratégie de communication présidentielle.
Hè una bona di spiegà i fundamenti di a cummunicazione di Sarkozy. Pare una seria di televisiò a presidenza di quellu omu. Ogni ghjornu, a Francia sana aspetta a seguita. À quandu divorzia, à quandu s'affacca in Corsica, à quandu parte per u Tchad, per i Stati Uniti, per l'Afganistanu è tira avanti è tocca... Trà dui viaghji, si ne và à spassu incù Carla Bruni à Eurodysney per rifalà à u pianu di u francese mezanu. Subitu dopu esse si intrappulatu da Kadhafi, si ne và à scuntrà à u Papa.
À mezu à stu cumbugliu, sò passate bè e riforme di e ritirate è di l'università. Ancu un pocu mi ne scurdava!
E riforme pulitiche venenu à u secondu pianu. Cun ellu, sò i so scontri incù e persunalità di a scena mundiale è i so viaghji (per esempiu quellu in China) chì premenu nant'à a vita mischina di i francesi chì di sera, si sfocanu guardendu à PPDA cuntà ci i fatti è e malfatte di u sgiò presidente.
In quantu à a Corsica, hè listessa, ci porta di fole in canzone, d'ADN in DNAT è a so storia incù Carla Bruni, pare ch'ella fessi di più rimore ch'è l'attualità.
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La rencontre avec le président Kadhafi à Paris, la sortie avec Carla Bruni, le rendez-vous avec le pape : que vous inspirent ces trois séquences ?
Je ne suis pas sûr que ces trois images soient parfaitement compatibles. Ni que l'une puisse chasser l'autre. La séquence avec Kadhafi raconte une histoire qui touche l'humanité. Les grands principes, les droits de l'homme ne se montrent pas, ne sont pas télévisuels. Ce n'est plus du ressort de la seule illustration et de la dimension individuelle. C'est une limite que Nicolas Sarkozy n'avait pas rencontrée jusqu'alors. Sa communication est faite de symboles. Cela fonctionne tant qu'il les maîtrise. Dans la photo prise à Disneyland avec Carla Bruni, par exemple, il y a une deuxième lecture : celle d'un Français simple qui aime les attractions venues d'Amérique. Sur le perron de l'Elysée avec Kadhafi, il n'a plus la maîtrise des symboles. Le président libyen est apparu poing levé vers le ciel comme un vainqueur, il a utilisé Nicolas Sarkozy pour sa propre stratégie de communication.
Dans un livre coécrit avec Denis Muzet, intitulé Le Téléprésident, à paraître le 10 janvier, vous analysez le lien entre la communication du président et la télévision. En quoi y a-t-il adéquation entre ces deux univers ?
Sa communication s'inscrit dans un présent perpétuel. Elle est en accord avec la vision du monde construite par la télévision ces dix dernières années. Nicolas Sarkozy n'a pas pour modèle Hollywood mais l'univers télévisuel, avec ses émissions de télé-réalité, ses talk-shows et une conception de l'information qui privilégie le temps réel, la mise en avant des victimes et les témoignages au détriment des analyses. Le président se déplace dans ce monde où l'on change de situation chaque seconde, avec un effet de zapping incroyable.
Pensez-vous que cela puisse fragiliser la fonction présidentielle et amoindrir la crédibilité de son titulaire ?
Nicolas Sarkozy a montré qu'il voulait sortir des protocoles. Il est en train de désacraliser la fonction présidentielle. Je ne suis pas sûr que les Français en aient vraiment envie et je ne suis pas sûr qu'il puisse revenir en arrière. Sa communication risque d'avoir des limites quand il va tomber sur des sujets qui ne relèvent plus d'un livre d'images.
Propos recueillis par Laurence Girard
Article paru dans l'édition du 23.12.07. Le monde |
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