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Jeudi 17 Janvier 2008



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L'assemblea naziunale ricusa l'idea di mudificà a custituzione
Postu chì ci vole à scambià a custituzione per chì a Francia possi integrà u trattatu di Lisbona, unepochi di diputati anu prupostu di mudificà a custituzione dinù à prò di e lingue regiunale.  

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/20080099.asp

La parole est à Mme Marylise Lebranchu, pour soutenir l’amendement n° 12.

Mme Marylise Lebranchu. Je signale que nous avons malencontreusement oublié d’inscrire le nom de Simon Renucci parmi la liste des cosignataires de cet amendement.

Le 7 mai 1999, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires a été signée. Or, le 15 juin 1999, le Conseil constitutionnel, saisi par le Président de la République, a expliqué que nous ne pouvions ratifier cette charte en raison du premier alinéa de l’article 2 de la Constitution.

Par la suite, lors de l’examen de différents textes, nous avons essayé d’y revenir, regrettant que la démarche engagée en 1999 soit restée lettre morte. Après plusieurs échecs, j’espère donc que, ce soir, nous allons enfin régler ce problème. Si beaucoup le jugent accessoire, il revêt une importance particulière pour tous ceux qui s’intéressent à l’évolution du rapport de la France à ses langues régionales, lesquelles ne mettent pas en danger la République, dont la langue, répétons-le, est le français. Cependant, trop de personnes ont été humiliées parce que, à un moment donné de leur vie – notamment lors de leur entrée en école primaire –, on leur a demandé de renoncer à leur langue maternelle. Nous sommes nombreux à penser que cette humiliation a laissé des traces dans notre société ; il est donc temps de rendre justice à ces personnes. Nous parlons, avec entrain et sérieux, de diversité et d’enrichissement par la culture. Or je crois que la France est riche de ses cultures et de ses langues régionales. Beaucoup de progrès ont été faits : le Président de la République a récemment rappelé que ces langues étaient de plus en plus utilisées sur les chaînes de télévision régionales. Il souhaite que les créneaux horaires qui leur sont réservés soient plus importants.

Nous devrions donc nous réunir sur cet amendement, qui n’enlève rien à la langue française, que nous défendons. Cela permettrait de rendre justice à certaines personnes et contribuerait à l’enrichissement culturel.

L’amendement vise ainsi à compléter le premier alinéa de l’article 2 de la Constitution par les mots : « dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine ».

Je souhaite que nous puissions enfin modifier notre Constitution en ce sens. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

M. le président. La parole est à Le M. Marc Le Fur, pour défendre l’amendement n° 13.

Le M. Marc Le Fur. Je voudrais que chacun dans cet hémicycle, quelles que soient ses convictions, sache que ce sujet passionne un certain nombre de nos concitoyens.

Certains parmi nous le savent car ils sont élus dans des circonscriptions où les langues, les identités et les cultures régionales ont beaucoup d’importance : je le souligne pour ceux de nos collègues à qui ces préoccupations sont peut-être moins familières. Nos débats de ce soir sont ainsi suivis, et certains de nos concitoyens en attendent beaucoup.

Le sujet concerne non seulement ceux qui parlent les langues régionales, mais aussi ceux qui, sans les parler, y voient un élément de leur identité et de leur culture. Chacun doit savoir qu’il n’y a là aucune nostalgie : ce sont bien souvent les jeunes qui se montrent les plus sensibles à cette question, notamment par le biais de groupes de musique. Internet, parce qu’il est un moyen moderne, est aussi devenu l’un des principaux vecteurs des langues régionales.

Pourquoi aborder cette question à l’occasion de notre débat constitutionnel ? Mme Lebranchu l’a très bien dit : parce que le Conseil constitutionnel, dans une décision de 1999, a en quelque sorte censuré a priori l’adoption par la France de la Charte européenne. Afin que nous puissions en débattre sereinement, il faut donc au préalable que nous levions ce veto : tel est l’objet de l’amendement.

Quels arguments nous opposera-t-on ? Comme souvent, on agitera des mistigris : il faudrait traduire les jugements des tribunaux ou les circulaires administratives... Mais tout cela est sans fondement. Pour qu’un pays ratifie la Charte, il suffit qu’il adopte 35 des 98 dispositions qu’elle contient. Si certaines d’entre elles sont contraires à nos traditions, nous ne les adopterons pas ! Pour autant, nous pouvons adopter certaines dispositions touchant à l’éducation, aux médias et à d’autres domaines dans lesquels nous les appliquons déjà. En Bretagne, en Alsace, au pays Basque, en Catalogne ou en Corse, il y a des réseaux publics, privés et associatifs qui font des choses remarquables en matière d’éducation. Il faut les reconnaître et les encourager.

On va nous dire aussi que ce serait ouvrir grand la porte aux langues de l’immigration – c’est ce que certains nous susurrent. (Exclamations sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) Cette remarque est sans fondement, puisque la Charte ne porte que sur les langues régionales, clairement identifiées comme étant des langues locales d’Europe.

On nous objectera enfin que ce n’est pas l’objet du débat. Mais ne s’agit-il pas d’un débat européen ? Or la Charte est bien un texte européen ! La France est, avec la Turquie, l’un des rares pays à ne pas l’avoir ratifiée. Nous devons savoir évoluer, dans ce domaine, au rythme de nos voisins européens, qui ont abordé cette question sans en faire une question de principe.

Enfin, le Président de la République nous invite à nous enrichir de notre diversité, à la reconnaître et à la favoriser. Les langues régionales étant l’un des éléments de cette diversité, il nous faut donc les promouvoir.

M. Pierre Lequiller. Cet amendement est un cavalier !

M. Marc Le Fur. Notre pays est suffisamment fort et uni, me semble-t-il, pour reconnaître cette diversité sans remettre en cause ses principes fondamentaux.

Pour toutes ces raisons, à l’occasion de cette révision constitutionnelle qui porte sur des questions européennes, nous vous proposons d’adopter cet amendement – qui ne vise pas à adopter la Charte mais à lever des obstacles constitutionnels, levée qui constitue un préalable à son adoption. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

M. Jean Lassalle. Très bien !

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Jean-Luc Warsmann, président et rapporteur de la commission des lois. Cela ne vous étonnera pas, la commission a exprimé un avis défavorable à ces deux amendements, pour une raison très simple : tout le travail que nous avons effectué, depuis plusieurs semaines, a porté sur la révision constitutionnelle indispensable à la ratification par la France du traité de Lisbonne, et seulement sur cette révision. Nous n’avons ouvert aucun autre dossier de nature constitutionnelle.

M. Yves Bur. Tout à fait !

M. Jean-Luc Warsmann, président et rapporteur de la commission des lois. De plus, comme chacun le sait, le Président de la République a pris l’engagement d’ouvrir un débat sur la réforme de nos institutions, et c’est la raison pour laquelle – et cette raison me paraît la plus importante – l’adoption de ces amendements me paraît tout à fait inopportune.

En revanche, une réflexion au sein de notre assemblée sur la question des langues régionales se justifie pleinement (« Eh oui ! » sur divers bancs) car les langues régionales font partie du patrimoine de notre pays et, à ce titre, elles méritent d’être préservées et transmises.

M. Lionnel Luca. Tout à fait !

M. Jean-Luc Warsmann, président de la commission des lois, rapporteur. C’est un débat politique aux niveaux national, régional et départemental, et une question d’identité.

Les langues régionales posent bien d’autres questions, mais faut-il, pour autant, aller jusqu’à modifier notre Constitution ? Je viens d’ailleurs d’entendre dire qu’il faut ratifier la Charte parce que les quelques dizaines d’objectifs visés peuvent d’ores et déjà être atteints. On voit la limite de ce raisonnement. Si l’on est en mesure aujourd’hui d’atteindre ces objectifs, faut-il pour autant ratifier la Charte ? Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait à ce jour ? Pourquoi cette question a-t-elle suscité tant de débats ? Pourquoi beaucoup d’entre nous n’ont pas encore pris de décision ? C’est que le texte comporte une seconde partie qui, si nous en autorisions la ratification, permettrait à une majorité au sein d’une assemblée de donner un jour le droit imprescriptible d’utiliser dans la vie privée ou publique une autre langue que le français.

Mme Marylise Lebranchu. Mais non !

M. Jean Jacques Urvoas. N’importe quoi !

M. Jean-Luc Warsmann, président et rapporteur de la commission des lois. C’est une question qui se pose ! (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

Monsieur le président, pour la commission des lois, la sagesse commande de s’en tenir au chemin tracé, qui est approuvé par un grand nombre d’entre nous, dans la majorité et même au-delà : il s’agit de permettre la révision constitutionnelle, préalable indispensable à la ratification du traité de Lisbonne.

Par ailleurs, j’appelle l’attention du Gouvernement sur la nécessité d’un débat sur le rôle et la place des langues régionales dans notre pays, dont elles sont une part du patrimoine. Nous attendons sa réponse. Lorsque le débat aura lieu, il nous dira quelle sera sa politique et l’action qu’il entend mener, avec les collectivités. Le cas échéant, il nous proposera une révision constitutionnelle. Mais ne nous abritons pas derrière cette révision : ce n’est pas en inscrivant dans la Constitution la Charte européenne des langues régionales que l’on pourra résoudre les problèmes liés à ces langues. Je pense que les choses sont beaucoup plus compliquées que cela.

En tout état de cause, la commission des lois appelle l’Assemblée à rejeter ces amendements et à rester dans la droite ligne de ce débat en permettant la ratification du traité de Lisbonne, traité qui, je le rappelle, est une grande victoire pour la France et pour le Président de la République. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

M. le président. La parole est à M. Pierre Lequiller.

M. Pierre Lequiller. J’abonderai dans le sens du président de la commission des lois. Au cours de ce débat, d’autres questions européennes ont été évoquées, mais nous avons choisi de ne pas les traiter aujourd’hui. Nous avons reporté, par exemple, la question de la ratification de l’adhésion de nouveaux pays. Il en va de même de la proposition formulée par le comité Balladur d’étendre la procédure d’examen des textes portant sur l’Union européenne à tous les textes, y compris ceux qui ne relèvent pas de l’article 34. Nous avons donc décidé de nous en tenir strictement à la révision nécessaire à la ratification du traité de Lisbonne. Restons-en là, et examinons ultérieurement la question que vient d’évoquer M. Le Fur.

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme la garde des sceaux. Ces amendements, en effet, n’entrent pas dans le champ de la révision constitutionnelle qui vous est soumise et qui doit relancer l’Europe en permettant la ratification de ce traité simplifié, qui ne saurait être le cadre adapté à une discussion approfondie et délicate sur les langues régionales.

L’objectif de ce texte est de sortir l’Europe de la crise institutionnelle qu’elle connaît aujourd’hui. Cela dit, le Gouvernement s’engage à ce qu’un débat ait lieu devant le Parlement sur la question des langues régionales. Il est naturellement défavorable à ces amendements.

M. le président. Conscient de l’intérêt que vous portez tous à ce débat, je donnerai exceptionnellement la parole à un représentant de chaque groupe avant d’inviter l’Assemblée à passer au vote des deux amendements.

La parole est à M. Pierre Méhaignerie.

M. Pierre Méhaignerie. À titre personnel, je partage la conviction de ceux et de celles qui jugent nécessaire d’accorder une attention particulière à l’exigence de reconnaissance d’identité et au besoin de racines de nos concitoyens.

M. Yves Bur. Tout à fait !

M. Pierre Méhaignerie. C’est la raison pour laquelle j’ai signé l’amendement de Marc Le Fur. Mais dans le même temps, prenant acte de l’engagement du Gouvernement, tout en souhaitant voir figurer cette ratification dans un autre traité constitutionnel, je pense que nous ne devons pas brouiller le message européen, et je demande à mes collègues de ne pas le faire. C’est la raison pour laquelle je ne voterai pas ces amendements. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

M. Patrick Roy. Un pas en avant, deux pas en arrière !

M. le président. La parole est à M. Jean Lassalle.

M. Jean Lassalle. J’observe que ce n’est jamais le bon moment d’adopter un texte que nous aurions pourtant dû adopter il y a longtemps ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.) Tantôt pour une raison, tantôt pour une autre…

Cette fois-ci, nous allons modifier la Constitution française pour un fait on ne peut plus majeur : le Parlement va adopter un texte qui ne l’avait pas été par le peuple français. Ne peut-on en profiter pour rattraper ce grand retard et faire ce que nous aurions dû faire depuis longtemps – et que beaucoup de pays voisins ont déjà fait – en levant l’embargo qui, dans notre Constitution, empêche l’apprentissage des langues régionales ? Ce n’est pas un retour vers le passé. Comme vient de l’indiquer excellemment M. Méhaignerie : c’est notre tradition, notre culture, notre histoire, notre patrimoine, et la France n’a pas à en rougir. Si elle a du souci à se faire, c’est plutôt au sujet de l’anglais, qui gagne chaque jour davantage de terrain et qui, d’ici à dix ans, sera la langue unique dans la Communauté européenne !

M. le président. La parole est à M. Jean Jacques Urvoas.

M. Jean Jacques Urvoas. Il y a un sentiment que nous partageons tous : la diversité culturelle est une des richesses de la République. Or, on nous dit toujours que ce n’est pas le bon moment pour légiférer sur cette question. La dernière fois que notre assemblée l’a fait, le 24 janvier 2005, les mêmes amendements avaient été présentés, avec les mêmes arguments, et le Gouvernement de l’époque avait pris le même engagement : « Nous en discuterons plus tard » !

M. Jean-Luc Warsmann, président et rapporteur de la commission des lois. C’était un débat sur la Nouvelle-Calédonie : ce n’est pas le même sujet !

M. Jean Jacques Urvoas. Pourtant, il n’y a pas de sujet plus européen que celui des langues régionales, pour une raison très simple : je signale au président Warsmann que, depuis 1993, tout État adhérant à l’Union européenne doit obligatoirement signer la Charte.

M. Pierre Lequiller et M. Jean-Luc Warsmann, président et rapporteur de la commission des lois. C’est faux !

M. Jean Jacques Urvoas. À ma connaissance, parmi les anciens États de l’Union, seules l’Italie et la France ne l’ont pas ratifiée.

M. Jacques Myard. C’est faux !

M. Jean Jacques Urvoas. La France a elle-même signé la Charte, le 7 mai 1999 à Budapest, comme l’a rappelé Mme Lebranchu.

Pendant que nous discutons et que nous reportons la décision, les langues régionales meurent, faute de protection juridique et de reconnaissance officielle, et sont peu à peu menacées d’extinction. Je plaide donc, en cette année proclamée par l’ONU « année internationale des langues », en faveur de l’adoption par l’Assemblée de notre amendement et de la modification de la Constitution. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, du groupe de la Gauche démocrate et républicaine et du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

M. Jean Lassalle. Très bien !

M. le président. La parole est à M. Michel Vaxès.

M. Michel Vaxès. Nous avions effectivement abordé cette question, comme l’a rappelé notre collègue, lors de la discussion sur la composition du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Nous étions alors tous d’accord pour dire l’intérêt que nous portions aux langues régionales, mais la situation était quelque peu différente car les divergences au sein des divers groupes étaient telles que des incertitudes pesaient sur l’aboutissement de la révision constitutionnelle. Aujourd’hui, mes chers collègues, il n’y a aucune incertitude puisque votre majorité, au Sénat comme à l’Assemblée, est en mesure de faire adopter ce texte.

Dans ces conditions, monsieur le président de la commission des lois, quel risque prendrions-nous à soutenir l’amendement de Mme Lebranchu, qui vise simplement à compléter le premier alinéa de l’article 2 de la Constitution par les mots : « dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine » ? Nous venons par ailleurs d’entendre dire, sur tous les bancs de cet hémicycle, que les langues régionales font partie de notre patrimoine culturel et qu’à ce titre elles doivent être respectées. Inscrivons-le dans la Constitution, et nous ouvrirons la voie à la ratification du traité européen. Comme les autres élus du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, unanimes, je soutiens l’amendement n° 12 avec beaucoup de conviction.

M. le président. Nous allons procéder au vote sur ces deux amendements.

Je mets aux voix l’amendement n° 12.

(L’amendement n’est pas adopté.)

M. Marc Le Fur. Monsieur le président, je demande la parole.

M. le président. Je suis désolé, mais le vote a été annoncé !

Je mets aux voix l’amendement n° 13.

(L’amendement n’est pas adopté.)
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Lundi 14 Janvier 2008

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Blog in lingua corsa : A piazzetta !
www.wmaker.net/apiazzetta 
www.wmaker.net/apiazzetta

Ci si parla di tuttu nant'à stu blog! Andate ci puru !Lasciate u vostru parè è participate ci !
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Mercredi 02 Janvier 2008

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Cortey, a lingua è a pulitichella...
U duttore Filippu Cortey s'hà da prisentà à l'elezzione municipale in Aiacciu. In un testu di u so blog, difende u so parè nant'à a quistione di a lingua corsa... 

Subitu subitu, parechji lettori anu fattu valè e so reazzione è messu in risaltu e so cuntradizione.

Pudete leghje u so testu :
http://elodie.chastel.free.fr/blogcortey/wordpress/?p=81#comments

Pudete leghje è participà à un cuntrastu nant'à u so pusiziunamentu quì :
http://crij.phpnet.org/Foru_Arrabbiati/phpBB2/viewtopic.php?t=4290

Ma pudete ancu risponde mi nant'à u mo blog. Aghju firmatu i mo cummenti sottu à u cugnome di "sbanditu".

Bona lettura!
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Mardi 01 Janvier 2008

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Blog a piazzetta
Ritruvate a lingua corsa nant'à u blog : http://www.wmaker.net/apiazzetta  
Puderete leghje, scrive è cuntrastà di tuttu in lingua corsa!

http://www.wmaker.net/apiazzetta
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Vendredi 28 Decembre 2007

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Stonda corsa
Stonda corsa  
L'associu Stonda corsa vole creà lochi è spazii di cummunicazione in lingua corsa per tutti ma sopratuttu per quelli chì ùn sò micca assicurati di a so pratica. Vole dà a parolla à quelli chì volenu, ma chì anu a paura di parlà corsu.

L'associu urganizeghja un scontru induve si puderà parlà di tuttu. Ci serà una discussione induve ognunu puderà pruvà si la à dì qualcosa. U tema serà sceltu u ghjornu da i prisenti. Puderete stà à sente, amparà è cappià qualchì parolla senza paura nè vergogna. Di tutte e manere, a dice u pruverbiu, nimu nasce amparatu!

Bar u Sax, 1 Carrughju Novu San Roccu, di pettu à u liceu Ghjuvanni Nicoli in Bastia, à 5 ore, sabbatu u 5 di ghjennaghju.

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Samedi 22 Decembre 2007

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A custituzione francese, a cartula di e lingue minuritarie è u trattatu di Lisbona
Eccu, hè fatta! Serà cambiata a custituzione francese per mette si d'accunsentu incù u tratatu di Lisbona. Bona! Ma tandu, vidimu un antru interpretazione di a funzione di u cunsigliu custituziunale. Quì, dice ciò chì ci vole à cambià, micca ciò chì impedisce ch'ellu fussi firmatu u trattatu di Lisbona. Quandu si parlava di ratificà a cartula eurupea di e lingue minuritarie, a pusizione di u cunsigliu custituziunale ùn era quessa! Dicia chì a Franci ùn pudia ratificà la per via di a custituzione, tenuta da roba sacra. Invece, e nostre lingue eranu inchjuculite à robe minore, u cunsigliu custiziunale avia un attitudine prescrittiva, micca descrittiva cum'è avà. Cum'è spessu, "baccalà per Corsica". A so custituzione preme nant'à e nostre lingue è l'idea di dà li un veru statutu di lingue ufficiale o cuufficiale. Ùn ci hè da stunà si dopu, di vede ch'ella cala a presenza di a cultura francese in u mondu. A sacralisazione di e lingue, di e custituzione, di a Corsica quant'è di a Francia,inghjenna a morte, a soia, quant'è a nostra.  
La Constitution française devra être modifiée pour ratifier le traité de Lisbonne

En épluchant le traité de Lisbonne, adopté par les Vingt-Sept, le Conseil constitutionnel a eu comme une impression de déjà-vu. Un préambule, 7 articles subdivisés en 500 articles, 11 protocoles et 50 déclarations annexes : sous un habillage différent, revoilà presque sur le fond la Constitution rejetée par référendum le 29 mai 2005. Même cause, mêmes effets : le Conseil constitutionnel a jugé que le traité était, en l'état, contraire à la Constitution française et que, pour le ratifier, il fallait préalablement la modifier. La précédente révision n'a servi à rien : en un article unique, elle faisait référence exclusivement à la Constitution européenne.



Dès le 15 janvier, l'Assemblée nationale et le Sénat examineront le projet de révision qui devrait être adopté par le Congrès, à Versailles, le 4 février. Ne restera alors qu'à voter la loi de ratification du traité, le 7 février pour l'Assemblée, et le 8 pour le Sénat.

Dans un but pédagogique et "pour mettre les politiques face à leurs responsabilités", comme l'indique une source au Conseil, celui-ci a comparé les deux textes et distingué quatre catégories. Un certain nombre de clauses, les plus chargées de sens politique, ne se retrouvent pas dans le nouveau traité : la référence au drapeau, à l'hymne national, à la devise, la création d'un ministre des affaires étrangères européen, le terme même de Constitution ont disparu du nouveau texte. D'autres dispositions ont été déplacées du texte : l'affirmation de la suprématie du droit de l'Union sur les droits nationaux se retrouve ainsi dans une déclaration annexe. A ce propos, le Conseil met les points sur les "i" : ce principe perd de facto sa valeur constitutionnelle. Une troisième catégorie se retrouve intégralement dans le traité.

Et le Conseil renvoie donc à sa décision de 2004 pour la liste des dispositions impliquant un transfert de souveraineté, mais les énumère de manière plus exhaustive qu'il y a trois ans. Il s'agit principalement des compétences de l'Union qui s'exerceront à l'avenir selon les règles de la majorité et non plus de l'unanimité. Enfin, le Conseil relève que de nouveaux transferts de souveraineté, absents de la défunte Constitution, apparaissent dans le nouveau traité, soit une quinzaine de règles liées notamment à "l'espace de liberté, de sécurité et de justice".
Christophe Jakubyszyn
Article paru dans l'édition du 22.12.07. Le monde

Lingua - statutu - custituzione - cunsigliu custituziunale - Francia - Corsica - Europa
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Mardi 11 Decembre 2007

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Cette langue qui a résisté
Catalogna  


Pour un observateur européen en général et français en particulier, l’image de la Catalogne au sein de l’Espagne est singulière. On sait grosso modo que ses spécificités culturelles et surtout linguistiques font qu’il est difficile de la considérer comme une région de plus, c’est-à-dire comme ce à quoi la politique officielle des années du franquisme la réduisait. Ces particularités viennent de loin. Il y a déjà un siècle, la bourgeoisie locale parrainait la traduction en langue catalane des classiques, réformait la ville de Barcelone, en faisant un lieu d’avant-garde dans le domaine des manifestations artistiques, aussi bien architectoniques, picturales que musicales. En somme, elle intégrait la Catalogne dans l’image qu’une certaine Europe se donnait d’elle-même. Si cela était possible, c’est que les bases sociales le permettaient. Simplement, la Catalogne avait l’air d’échapper à une asthénie proche de la mélancolie qui submergeait l’Espagne, du fait de sa décadence économique et militaire comme de sa marginalisation face à la culture européenne. Une Espagne fondamentalement agraire – avec des exceptions telles que le Pays basque – qui semblait se refléter dans les vers d’Antonio Machado pour décrire la Castille : misérable, hier dominatrice, enveloppée dans ses guenilles, et méprisant tout ce qu’elle ignore.
La différence culturelle de la Catalogne amena, dans les années de la République, à une reconnaissance institutionnelle qui a trouvé sa forme dans le statut qui lui a été concédé en son temps, de même qu’au Pays basque et à la Galice. Puis vinrent la guerre civile et les années de ténèbres franquistes. En l’absence de pacte avec le nouveau régime – malgré la complicité d’un large secteur de la bourgeoisie catalane, soumise à une authentique schizophrénie entre ses intérêts économiques et ce que le franquisme représentait sur le plan culturel –, les aspects qui paraissaient la caractériser furent l’objet d’une persécution systématique. Concrètement, la langue catalane fut exclue de tout usage officiel et limitée exclusivement à la sphère domestique. N’étaient tolérés que les éléments de la culture susceptibles d’être canalisés vers le registre folklorique, comme la danse et la musique traditionnelles, homologuées par la propagande officielle en manifestations régionales de l’Espagne unie.
Parallèlement, sur le plan économique, la Catalogne poursuivait son développement, et celui-ci accentuait le gouffre social qui la séparait du reste du pays. Dans les années 1950, alors que le régime franquiste était pleinement consolidé, se produisit un exil des fils de l’Espagne rurale vers des zones industrielles du nord, principalement vers la Catalogne et le Pays basque. On assista alors à une confrontation culturelle, à l’image de ce qui se passait à la même période dans cette Italie évoquée, de manière si émouvante, par les films de Luchino Visconti. Entre Almería et Barcelone, il y avait le même abîme économique et culturel qu’entre le mezzogiorno de La terra trema et le Milan industriel de Rocco et ses frères, avec en plus une différence linguistique qui se révélerait essentielle.
En Catalogne, les émigrants méridionaux étaient inévitablement victimes de ces vexations que l’Europe manufacturière réservait aux fils de l’Europe agraire – brimades qui aujourd’hui se manifestent si souvent dans les relations entre les citoyens communautaires et ceux du sud de la méditerranée. Mais en Catalogne, à cette époque-là, ce mépris, cristallisé par le terme charnego, trouvait, pour certains, un palliatif dans le fait que la multiplication des immigrants de langue castillane – manipulés par la politique franquiste – diminuait objectivement la possibilité de voir la langue et la culture catalanes récupérer la présence sociale qu’elles avaient perdue.
En conséquence, les natifs du reste de l’Espagne, à la fois dévalorisés en raison de leur précarité économique et taxés d’oppresseurs, apparaissaient comme des instruments de la répression culturelle de tout un peuple. Une offense objective – de laquelle le régime était en dernier ressort responsable – qui laisserait forcément une marque profonde dans les âmes des victimes.
Mais ceux qui en Catalogne furent un jour appelés « les autres Catalans » – et il faut souligner le terme « Catalans », car il s’agissait d’une première tentative de rapprochement – ne pouvaient ignorer un fait : la population de langue catalane résistait simplement en luttant, de multiples façons, pour restaurer les conditions politiques non pas de la fertilité de sa culture, mais de sa survie. C’est ainsi que le combat général de l’Espagne contre le franquisme se complétait, là, d’une véritable dialectique ayant pour objectif d’éviter la division en deux communautés.
Pour beaucoup, il fallait explicitement que les citoyens d’Espagne s’approprient la cause de la pleine récupération de la langue et, en général, de la culture catalanes. Cette ouverture à l’âme de l’autre, à commencer par sa langue, allait beaucoup plus loin – non seulement en Catalogne, mais aussi au Pays basque – que le problème d’assumer ou pas l’identité nationale de la Catalogne. Il y a, en effet, des raisons de penser que la mort d’une langue est quelque chose de beaucoup plus concret, plus tragique, que celle de l’abstraction constituée si souvent par un Etat ou une patrie. Car la diversité des langues fait qu’elles ont toutes en commun l’ambiguïté et l’arbitraire du registre linguistique, leur absence de mimétisme face à la nature, et, en somme, leur différence abyssale quant à un code de signes. D’où le paradoxe suivant : les langues sont salva veritate interchangeables ; pourtant, d’une certaine manière, dans la disparition de l’une d’elles, c’est le langage tout entier qui semble mourir, comme c’est le cas avec les hommes puisqu’il n’y a pas d’humanité sans individus.
Si, il y a vingt-cinq ans, la restauration de la langue et la culture catalanes ne paraissaient pas être vécues comme une remise en question des valeurs générales, parfaitement légitimes, liées à une certaine idée de l’Espagne, il semble à présent que nous ayons régressé. Voici deux ans, M. José María Aznar, alors président du gouvernement, faisait la leçon à la classe patronale espagnole pour qu’elle s’érige en sauvegarde de l’unité de l’Espagne. Puisque personne n’envisageait de remettre en cause l’unité du marché – cause à laquelle les patrons, surtout, devraient être sensibles –, cela cachait autre chose.
Le fantasme de la perte des références communes sur le plan culturel et symbolique était de retour. Cela ne concernait pas seulement la droite nationaliste espagnole : en phase avec les déclarations de M. Aznar, le président socialiste de la communauté autonome d’Estrémadure affirmait dans un article d’opinion que les éventuelles souverainetés du Pays basque ou de la Catalogne étaient inacceptables, non seulement pour des raisons historiques, mais aussi pour des raisons « sentimentales » (sic). Mot-clé surprenant dans la bouche d’un dirigeant politique.
Les manifestations d’identité politique, culturelle et linguistique venant des citoyens d’une communauté seraient intolérables parce qu’elles offenseraient nos « sentiments ». Ne s’agirait-il pas plutôt de nos ressentiments ? Ceux-ci ne se créent pas à partir de rien. Il existe des causes qui les déterminent, et deux parties qui les alimentent. Prenons comme exemple le débat lamentable sur la foire du livre de Francfort, pour laquelle un responsable culturel avait prévu une représentation de la Catalogne constituée exclusivement d’auteurs de langue catalane. On prétendait ainsi éluder la réalité tenace, une importante quantité des livres d’auteurs catalans étant écrite en langue espagnole.
Mais, parfois, la dénonciation d’un fait si intolérable sert d’excuse pour ne pas reconnaître que, dans la ville de Barcelone, aujourd’hui, la langue catalane n’est en aucun cas dans la pratique une menace pour la langue espagnole. Il est très curieux que certains soient parfaitement disposés à accepter les lois administratives de discrimination positive, lorsqu’il s’agit de la participation des femmes au gouvernement, et se montrent pourtant radicalement scrupuleux à l’heure d’accepter la même logique concernant des langues qui, si on les abandonnait à la loi du marché linguistique, finiraient par s’éteindre. Il n’est pas certain que tel soit le cas du catalan, mais bien celui de l’euskera. Disons-le sans détour, au-delà de toute idéologie ou de bons sentiments, la situation objective de la langue espagnole – et de la culture qu’elle véhicule – rend impossible que les langues périphériques d’Espagne la marginalisent.
Loin du franquisme, il devrait être possible d’envisager un pacte de compatibilité entre l’identité culturelle catalane – sa langue en premier lieu –, celle des Espagnols d’autres régions et celles des nouveaux immigrants, qui ont également leurs propres manifestations culturelles. Nous serions alors en condition d’aborder d’autres questions qui semblent être éternellement reportées – sauf si quelqu’un a intérêt à ce qu’il en soit autrement, car il est bien connu que celui qui impose son problème détermine d’une certaine manière notre monde. Un article de la législation catalane dit que le catalan est la langue propre à la Catalogne, ajoutant que « le castillan l’est aussi ». Il ne s’agit pas de modifier l’énoncé, mais d’obtenir que dans les faits, pour exprimer notre fidélité aux valeurs réellement démocratiques, en Catalogne comme en Espagne, l’autre langue soit, au moins, respectée comme étant la langue propre.

Víctor Gómez Pin.
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On ne parle pas le francophone
Par Tahar Ben Jelloun in Le monde Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2007/05/BEN_JELLOUN/14715  


Ces « métèques » qui illustrent la littérature française

Les mots se jouent des visas pour entrer dans la littérature. La littérature française est donc celle que construisent tous les auteurs qui s’expriment en français, où que ce soit dans le monde. A cet égard, le qualificatif de « francophones », pour désigner les écrivains ressortissant d’autres pays que la France, et les œuvres qu’ils produisent, est non seulement absurde, mais aussi blessant. Ne fait-il pas penser aux tentatives d’instaurer une hiérarchie entre les Français dits « de souche » et les autres, pourtant tous citoyens égaux en droits ?
Par Tahar Ben Jelloun

Pourquoi la cave de ma mémoire, où habitent deux langues, ne se plaint jamais ? Les mots y circulent en toute liberté, et il leur arrive de se faire remplacer ou supplanter par d’autres mots sans que cela fasse un drame. C’est que ma langue maternelle cultive l’hospitalité et entretient la cohabitation avec intelligence et humour.

Ainsi, que de fois il m’est arrivé, en écrivant, d’avoir un trou, un vide, une sorte de lacune linguistique. Je cherche l’expression ou le mot juste, mot parfois banal, et je ne le retrouve pas. La langue arabe, classique ou dialectale, vient à mon secours et me fait plusieurs propositions pour me dépanner. Ces mots arabes, je les écris dans le texte même, en attendant que ceux qui m’ont lâché reviennent. C’est une question d’humeur, de fatigue ou d’errance.

Oui, il m’arrive de céder à une errance dans l’écriture comme si j’avais besoin de consolider les bases de mon bilinguisme. Je fouille dans cette cave, et j’aime que les langues se mélangent, non pas pour écrire un texte en deux langues, mais juste pour provoquer une sorte de contamination de l’une par l’autre. C’est mieux qu’un simple mélange ; c’est du métissage, comme deux tissus, deux couleurs qui composent une étreinte d’un amour infini.

Cette situation est simplement fabuleuse. Personne ne peut affirmer que cette appartenance à deux mondes, à deux cultures, à deux langues n’est pas une chance, une merveilleuse aubaine pour la langue française. Car c’est en français que j’écris et, pour des raisons de choix et de défi, je ne me suis jamais senti prédisposé à créer en langue arabe classique. Malheureusement je ne maîtrise pas cette langue, belle, riche et complexe. Une question de hasard et d’histoire. Il aurait fallu tôt s’investir entièrement dans cette langue pour pouvoir l’utiliser et en faire l’expression privilégiée de mon imaginaire, avec l’ambition de raconter des histoires qui sont autant de desseins humains ; je savais cependant, comme le dit un personnage de Tandis que j’agonise, de William Faulkner, que « les mots ne correspondent jamais à ce qu’ils s’efforcent d’exprimer ».

Dès l’école primaire, je me suis trouvé face aux deux langues, joyeusement confronté à deux tribus de mots, à deux maisons, l’une plus vaste que l’autre, mais toutes deux hospitalières, aérées, spacieuses, avec quelques trésors cachés sous le marbre ou le zellige taillé par des artisans talentueux. Mon père craignait que le français ne l’emporte sur l’arabe ; ma mère, qui ne savait ni lire ni écrire, me disait : « Apprends toutes les langues, le principal c’est que tu continues à me parler en arabe dialectal ! »

Mes premiers poèmes, je les ai écrits tout naturellement en français parce que je venais de lire Les Yeux d’Elsa, de Louis Aragon, et que j’ai été bouleversé par ces poèmes largement inspirés de la poésie amoureuse des Arabes d’Andalousie. Ces textes m’ont accompagné durant mon adolescence et, pour m’adresser aux jeunes filles, je leur citais quelques vers d’Aragon. Depuis, j’ai découvert les surréalistes, et là, je savais que la langue française serait celle que j’utiliserais pour tout dire. Je ne sais pas si j’ai tout dit, mais le français me donne une liberté, une jouissance qui m’enchantent et fouettent avec une belle énergie mes pensées les plus enfouies.

C’est cette même liberté qui règne dans ma cave. Elle permet aux mots des deux langues de se toucher, de s’échanger et même d’émigrer.

Si le ministère de l’intérieur français généralisait le système des visas pour fouler le sol de la France, beaucoup de mots resteraient au seuil des frontières. La langue française a intégré dans son parler et dans ses dictionnaires des centaines de mots arabes, mots quotidiens, d’autres plus techniques. Mais ce passage, cette intégration se sont faits à l’insu des censeurs et autres contrôleurs. On n’a pas encore inventé la « police des langues ».

Il faut déplorer combien l’Etat français se trompe en diminuant les crédits de la coopération culturelle dans le monde. Plus la France fait d’économies sur la culture, surtout celle qui s’exporte et la représente à l’étranger, plus elle accentue le déclin de la langue française et celui de sa culture dans le monde. Ce sont des économies misérables, marquées par une mesquinerie qui jure et détonne avec la beauté et la splendeur de la langue française. En réduisant ses budgets, la France se fait mal voir et mal considérer, se comportant comme un pays sans grands moyens, prêt à solliciter ou à recevoir l’aumône. Mais ceux qui décident ce genre de sape dans les budgets sont des politiques assez médiocres qui ont une vision courte et sans grande ambition, considérant qu’à partir du moment où la culture n’est pas rentable immédiatement, il faut la négliger et chercher du brillant ailleurs. Telle est l’époque. C’est le règne de la valeur marchande.

Mais nous ne comptons plus sur l’Etat et sa politique pour continuer de servir la langue française, pour la travailler, la réinventer, la métisser, la bousculer et en sortir ce que nous portons de meilleur en nous. Quand je dis nous, je pense à tous ces écrivains quasi anonymes qui écrivent et essaient de pousser les portes de l’édition française ; je pense à ces poètes qui, tout en sachant que les grands éditeurs ont cessé ou presque, à quelques exceptions près, de publier de la poésie, continuent d’écrire et d’illustrer cette langue qui n’est pas leur langue mère ; ils se battent avec les moyens du bord pour que leurs poèmes parviennent à quelques lecteurs.

Dans L’Année de la mort de Ricardo Reis, José Saramago écrit que « la langue choisit probablement les écrivains qui lui sont nécessaires, elle les utilise pour exprimer une parcelle de la réalité ». Je voudrais ajouter à ce constat que la langue exprime aussi ce qui est derrière cette parcelle, ce qu’on ne voit pas ou qu’on ne dit pas. Elle va au-delà du réel, car elle ne se plie pas à la réalité visible, mais à ses composantes les plus mystérieuses, les plus énigmatiques.

Ainsi j’ai été choisi, alors que j’ai toujours été persuadé que la question du choix ne s’est même pas posée, sauf qu’au moment de passer de l’apprentissage à l’écriture, le français s’est imposé à moi avec un naturel déconcertant. La preuve : je n’ai jamais changé de langue.

Il m’est arrivé parfois de me rebeller contre la notion si ambiguë, si étroite de francophonie. Est considéré comme francophone l’écrivain métèque, celui qui vient d’ailleurs et qui est prié de s’en tenir à son statut légèrement décalé par rapport aux écrivains français de souche.
Un immense jardin public

Souche : une notion aussi antipathique que celle de francophone. Cette distinction existe, elle est faite par les dictionnaires, par les médias et par les politiques. Pour peu, elle ressemblerait à une discrimination. Mais on passera outre et on priera les tenants officiels de la francophonie d’avoir un peu d’imagination pour englober dans la littérature française tous ceux qui écrivent en français, en sachant pertinemment qu’il existe plusieurs façons de manier cette langue, de Marcel Proust à Louis-Ferdinand Céline, en passant par Aimé Césaire et Kateb Yacine, entre autres.

Cette colère n’a plus lieu d’être. Simplement parce que le public, le grand public ne fait pas de distinction entre une littérature « noire » et une autre « blanche », une littérature « de souche » et une autre « métèque », et qu’il aime la bonne littérature quels qu’en soient l’auteur, sa couleur de peau, ses origines géographiques, ses horizons ou le grain de sa voix quand il lui arrive de lire ce qu’il a écrit. Depuis, on sait que la francophonie a rejoint son statut d’origine, celui d’une aire politique entretenant une mémoire coloniale à peine dépassée ou plutôt déguisée.

Elle sert à réunir les chefs d’Etat des pays dits francophones, à donner à la France l’illusion qu’elle contrôle, ou au moins qu’elle cultive, une certaine amitié, pour ne pas dire ses intérêts. Il s’agit d’une sorte de matriarcat ambigu, mais personne n’est dupe et surtout pas les écrivains. Voir ces chefs d’Etats africains s’aligner sagement autour du président français pour la « photo de famille » a quelque chose de pathétique et d’anachronique. Et ils aiment ça !

La langue est naturellement le fondement de la culture. La culture, c’est la vie quotidienne, la vie qu’on essaie de comprendre, tout en sachant qu’elle est faite de mystère, de hasard, de secret et d’incompréhension. La langue nous donne l’illusion de comprendre le monde, de le sonder, de le connaître et même de le dominer. Depuis Henri Bergson, on sait que « l’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie » ; alors on se réfugie dans le langage, on prend à témoin les mots, et on les manipule jusqu’à effacer cette illusion.

Les mots soulèvent la terre de notre enfance et l’éparpillent dans les saisons qui nourrissent notre espoir. Que ces mots appartiennent à la langue de Racine ne change rien à l’entreprise, sauf que, dans le cas des écrivains venant d’ailleurs, ces mots prennent une couleur particulière car ce ne sont pas des mots orphelins, mais des mots qui ont baigné dans des mémoires de toutes les épices.

Curieusement, quand on parle de Franz Kafka, d’Emil Cioran, de Samuel Beckett ou d’Eugène Ionesco, il est très rare qu’on rappelle qu’ils n’écrivaient pas dans leur langue mère, ou bien qu’ils allaient d’une langue à l’autre sans que cela offusque ou fasse problème. Ceux qu’on désigne du doigt, ceux qui doivent se justifier, montrer leurs « papiers », ceux qu’on regarde avec suspicion, ce sont les « métèques », lesquels sont heureux de cultiver ce jardin français, un immense jardin public où poussent toutes les fleurs, sans parler des mauvaises herbes, ingrédients indispensables pour faire de la bonne littérature.

Je me souviens du poète marocain Mohammed Khaïr-Eddine, un Berbère arrivé en France peu de temps après le tremblement de terre d’Agadir (1961), un poète rebelle, insolent, portant la rage et la mort à la boutonnière, puisant dans le dictionnaire les mots rares pour dire toutes ses colères. Jusqu’à sa mort, il a persisté dans la maltraitance de la langue française pour en sortir des poésies d’une exceptionnelle fulgurance. Il saccageait le français, tout en étant irréprochable sur la syntaxe, le pliait à son désir de tout déballer, de tout déconstruire. Lui, « francophone » ? Il hurlait : « Poète, Dieu et rien d’autre ! »

Je me souviens de Kateb Yacine, poète errant, incompris dans son pays, l’Algérie, ne sachant pas contenir sa rage, si ce n’est dans une autodestruction, mélanger le français, l’arabe et le berbère dans une pièce de théâtre : Mohamed, prends ta valise ! Un acte courageux qui lui a permis de communiquer directement avec le peuple immigré en France. Face au grand succès qu’a connu cette pièce, une gazette de l’armée algérienne a attaqué Kateb, et les premiers islamistes l’ont persécuté, interprétant le titre de la pièce à la lettre, Mohamed étant, dans leur esprit, le Prophète !

Kateb, après avoir assisté au massacre perpétré par l’armée française sur la population de Sétif en 1945, avait décidé d’entrer « dans la gueule du loup » pour écrire. Cela donnera plus tard Nedjma, roman d’une densité exceptionnelle, paru en pleine guerre d’Algérie, ce qui a poussé son éditeur (Seuil) à accompagner le texte d’une préface ! C’est dans une langue pure, brutale, précise, lumineuse que Kateb a écrit des pages inoubliables des lettres françaises.

Dans un autre esprit, plus sage, plus sagace, le Libanais Georges Schéhadé a, lui aussi, donné à la langue française quelques-unes de ses plus belles pages.

Je ne citerai pas là tous ceux qui ont nourri et enrichi cette langue, au point de la faire migrer dans des contrées et des intimités où elle n’aurait jamais pu entrer toute seule. Je voudrais juste rappeler que ni Khaïr-Eddine, ni Kateb, ni Schéhadé ne se réclamaient de cette francophonie qui leur était étrangère parce qu’elle se pavanait davantage dans les palais présidentiels que dans les exigences des poètes. Eux n’avaient nullement besoin d’une étiquette pour continuer de chanter, de hurler, de danser et de s’enivrer avec une langue beaucoup plus hospitalière, plus généreuse, plus large que l’esprit politique qui essayait d’en tirer profit.

Tout le paradoxe est là. On ne parle pas le francophone. On ne l’écrit pas non plus. Le francophone est un « machin », taillé sur mesure pour que les politiques puissent s’abriter derrière, alors que l’accès à l’école française, dans certains pays, est des plus limités, que la circulation des hommes (étudiants, artistes, intellectuels) est rendue très difficile, que les instituts français dans le monde, où l’on aime la langue et la culture françaises, crient misère. La France a des mots choisis pour parler de sa politique de coopération, mais elle n’a pas les moyens de cette politique. L’argent s’en va ailleurs, dans des projets de défense ou de sécurité. La cinquième puissance du monde n’a pas les moyens de renouer avec son passé de puissance culturelle, et il lui arrive de se plaindre.

Les Britanniques n’ont pas eu besoin de créer des institutions en vue de promouvoir l’« anglophonie ». Ils considèrent leurs écrivains nés hors de leurs frontières et écrivant en anglais comme des écrivains anglais. Il n’y a pas de débat, pas de conflit, pas d’ambiguïté.

J’ai demandé un jour à Salman Rushdie s’il se considère comme un écrivain britannique. Il m’a répondu : « Oui, bien sûr, mais je suis aussi un écrivain indien, simplement parce que ma source d’inspiration est principalement indienne. » J’ai posé la même question à Hanif Kureishi, dont les parents sont du Pakistan. « Ecrivain anglais, évidemment ! », a-t-il répondu.

Quoi qu’il en soit, ces écrivains qui ne sont pas britanniques de souche vivent et écrivent comme s’ils étaient des Anglais avec un imaginaire spécifique, sont perçus et lus comme des auteurs anglais au même titre que John Le Carré ou Martin Amis. L’arrière-fond historique n’est pas le même que celui qu’a la France avec les pays du Maghreb et de l’Afrique noire. De là à considérer la francophonie comme un des aspects ou une des conséquences de la colonisation, il n’y a qu’un pas. Je ne le franchirai pas, parce que ce serait facile de tout mettre sur le dos de l’histoire.

La francophonie, en tant qu’institution, vit aussi grâce à ceux qui y croient en dehors de l’Hexagone. Certains s’y accrochent, à défaut d’avoir une reconnaissance naturelle et évidente. Qu’importe, une langue a ceci de particulier : c’est une immense maison aux portes et fenêtres sans cadres, ouvertes en permanence sur l’univers ; c’est un pays sans frontières, sans police, sans Etat, sans prisons. La langue n’appartient à personne en particulier, elle est là, disponible, malléable, vive, cruelle, magnifique et toujours truffée de mystères.

Le français n’échappe pas à cette vision. Il est parlé par des millions de personnes qui ne sont pas juridiquement des Français. Elle est écrite, malmenée, enrichie, fécondée par des milliers de créateurs éparpillés dans le monde. Je me souviens d’un Vietnamien, un homme ayant plus de 70 ans, interrogé par Radio France, regretter avec élégance que le consulat de France à Hanoï lui ait refusé un visa touristique en vue de revoir la Sorbonne, où, une quarantaine d’années plus tôt, il avait soutenu une thèse sur la poésie de Victor Hugo. Pour dire ses regrets, il s’est mis à réciter Les Contemplations, apprises par cœur. Hommage à la langue, hommage à l’esprit et à la générosité d’une culture empêchée parfois de vivre à cause du zèle ou d’un racisme profond et non reconnu de certains petits fonctionnaires butés et incultes. Cet homme ne se plaignait pas, il racontait juste qu’un petit fonctionnaire de France l’avait empêché de réaliser un rêve. Il termina son témoignage en récitant un poème de Stéphane Mallarmé.
Il faut renoncer à l’avarice du cœur

Aujourd’hui, le français n’est parlé au Vietnam que par une infime minorité de personnes : quelques survivants de l’époque de l’Indochine, et quelques très jeunes qui prennent des cours à l’Alliance française. Le reste de la population s’est mis à l’anglais.

La passion de la langue française ne sera jamais inutile. Elle s’étend, se répand et se développe à l’insu de la fameuse souche hexagonale. Ceux qui parlent et écrivent le français n’aiment pas s’expliquer sur leur fréquentation de la langue et des écrivains qui l’ont portée au sommet des civilisations. Ils regrettent que la patrie de la langue soit moins concernée par son avenir. La France pense que sa langue est assez forte pour résister toute seule aux assauts de l’anglais ou de l’espagnol. Cette arrogance est de l’ignorance. Parce qu’elle est le fondement de toute culture, la langue a besoin d’être entretenue, fêtée, célébrée, aimée pour qu’elle s’enrichisse et se répande avec bonheur et largesse. Pour cela, il faudra renoncer à l’avarice du cœur et aux sapes des budgets de la culture et de la coopération. Mais cela n’a jamais empêché des poètes, des romanciers, des créateurs de s’engager pour vivre le français et le faire vivre par-delà les frontières et les politiques aux visions étroites.

Comme René Char, « j’ai de la difficulté à me reconnaître sur le fil des évidences » ; alors je reviens aux mots, à leurs défis et à leurs complexités. Je voudrais dire le bonheur d’écrire, je veux dire l’angoisse et le doute, l’impatience et la ferveur. Ecrire en français ne m’a pas posé de problème, car le français est ma langue, et personne ne pourra me l’arracher ou l’étouffer. Je me sens un peu comme un autre personnage de Faulkner – dans Moustiques –, qui se définit ainsi : « Passionné, simple et éternel dans l’obscurité équivoque et dérisoire du monde. » C’est dans ce trouble, cette diversité et cette absence de certitude que mon imaginaire s’exprime en français, et il m’est arrivé d’avoir le témoignage de certains lecteurs qui m’ont assuré m’avoir lu en arabe quand ils lisaient mes livres en français. Cela est une autre histoire, mais elle n’est ni absurde ni dérisoire, elle est vraie, et je me demande encore pourquoi.

Tahar Ben Jelloun.

Culture, Identité culturelle, Langue, Littérature, Francophonie, France

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Tahar Ben Jelloun

2007 — Pages 20 et 21
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Dimanche 09 Decembre 2007

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A lingua di a prupaganda, ghjè u francese !!!
Eccu un articulu di u Figaro. In Alsazia, solu i stampini pulitichi scritti in francesi saranu pagati da u Statu. Eccu un a decisione chì palesa ancu di più l'azzione di a Francia à prò di a diversità culturale, è di u rispettu di l'alterità. U sindromu di a culunisazione è di l'urgogliu di Rivarol rode sempre stu paese. À mumenti, ùn firmerà più ch'è l'osse. I corci, s'anu à fà runzicà da l'inglese. Serà a nostra a vindetta?  

Désormais seules les professions de foi écrites en français, et non plus celles en allemand, seront acceptées. Une décision que déplore un élu du Conseil régional.

«Il ne faut vraiment rien comprendre à l’Alsace pour créer de telles instructions», s’insurge le vice-président du conseil régional d’Alsace, Bernard Stoessel, (Modem). Un document publié sur le site Internet du ministère de l’Intérieur prévoit que désormais seules les professions de foi rédigées en français pourront être acheminées et remboursées.

Jusqu’à présent, les deux départements d’Alsace et les 19 cantons de Moselle bénéficiaient d’instructions qui prévoyaient la possibilité de produire des professions de foi bilingue français-allemand.

Pour Bernard Stoessel, «il en va du respect des personnes âgées et du respect de la tradition et de l’avenir». L’élu rappelle également qu’en Alsace, «tous les efforts sont faits pour que la région retrouve un bilinguisme actif». Il entend donc présenter une motion au Conseil régional d’Alsace et aux conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.
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Jeudi 27 Septembre 2007

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I maestri è a lingua corsa
Hè facultativu l’insignamentu di u corsu. Nun solu per i zitelli, ma dinù per i maestri. Mentre li si dumanda d’esse cumpetenti in tutte e materie, e cumpetenze in corsu, à l’usciu di a so furmazione à l’IUFM, ùn sò pigliate in contu in a so integrazione definitiva. Peghju, anziani stiturori cursofoni mugugnanu quandu li tocca à insignà u corsu. Cumu hè ch’ella vene pussibule sta situazione in pettu à a lingua, ma sopratuttu in pettu à l’equità trà u travagliu di i maestri è l’integrazione suciale è culturale d’ogni zitellu in Corsica? 

I maestri è l’insignamentu di u corsu

Prima, ci vole à usservà ch’elli sò tutti funziunarii i maestri. A si provanu di rispettà l’istruzzione ufficiale cù i mezi chì li sò dati. Da quì, venenu pussibule tante manere di praticà sta prufessione. In fatti d’insignamentu di u corsu, à chì s’indieghja da veru, per ch’ellu fussi un mudellu, per a Scola quant’è per a sucetà, à chì caccia e cagione di a diglussia è di a difficultà d’amparà a lingua ma dinù d’insignà la. Ogni male vole a so scusa, ùn hè ?

Da i militanti à i prufessiunali

Accade à i primi di sfiatà si, dopu tamanta santa cruciata. S’ellu hè un piacè di sente cursachjoli parlichjulà u corsu, per i maestri, ancu puru quelli militanti, hè dinù un casticu l’insignamentu bislinguu.
U travagliu d’approntu di i corsi d’un maestru bislinguu trapassa quellu d’un antru maestru perchè ci vole à adattà tutti i puntali in lingua corsa. Quandu una maestra hè ancu una mamma in casa, hè bella sicura chì li piace di più d’annannà a so ciuccia ch’è di traduce scartafaccii. Ci troverà di sicuru di più piacè è ricunniscenza, ancu puru s’ella a tene in core a lingua corsa.
Eppò ci sò i parenti impenseriti. Ci vole à allusingà li. Ci vole à cantà li centu volte listessa riturnella à prò di u bislinguisimu. Invece, incù u sviluppu di e tennulugie nove è di a glubalisazione, u penseru, sò l’altri, i monolingui chì averianu à avè lu ! Sarà cusì impiciata ind’è noi l’ideulugia monolingua ?
I maestri oghjinchi ùn sò più quelli militanti di nanzu. Sò prufessiunali chì volenu una ricunniscenza ghjusta di u so travagliu.

Nata a lege, nata a malizia…

À i secondi, li si puderia risponde, prima, chì nimu nasce amparatu, ma dinù ch’elli anu a ragiò, perchè a debbulezza di u statutu di a lingua ùn li dà l’ubligazione di mette e mani in pasta.
Ma quessi, per u più, ùn rachjanu per l’ufficialisazione di u corsu ma contr’à a so sparghjera. Da e vittime di a diglussia à i funziunarii laziosi, s’accresce u numeru di i maestri incapaci d’insignà u corsu. Secondu l’Ispettore d’Accademia, 38% di i maestri dichjaravanu ùn micca pudè insignà u corsu in u 2005 mentre eranu 27% ind’è u 2000. Mancu u cuncorsu specificu l’hà fatta à mantene u numeru di i maestri bislingui. Cumu sarà ?
À quelli chì si dicenu incapaci, l’istituzione rigala un intervenente senza dà li in scambiu una furmazione linguistica è didattica. Cusì, quessi, si riposanu un oretta, i zitelli entrenu ind’è e statistiche di l’Accademia, e famiglie credenu chì u zitellu ampara u corsu è l’intervenente si tene un impiegu.

L’ugualitarisimu impedisce l’equità
Attenti, quessa, ùn hè mancu appena un risultatu viziosu di a lege di u 2002. U prublema, ùn hè mancu l’individualisimu di e ghjente. Ùn ci si pò fà nunda. Stà sopratuttu ind’è u statutu di i funziunarii. Ch’elli abbinu cumpetenze pare o micca, pocu impreme per l’istituzione.
Cusì, l’ugualitarisimu di a funzione publica và à l’incontru di l’equità trà i maestri ma dinù di i zitelli in pettu à a Scola. I figlioli di i più favurizati anderanu sempre ind’è e scole e più bone. S’allenta cusì l’innuvazione pedagogica è dunque u spannamentu di i giovani è di a Corsica.

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