 |
|
 |
 |
| Malaise dans la civilisation, par Régis Debray |
| Eccu un articulu di Régis Debray esciutu oghje in Le monde. Face falà... | "L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance." Qu'en auraient pensé, devant le peloton d'exécution, Jean Cavaillès, Marc Bloch, Jean Prévost, Léo Lagrange ? Ils avaient assez de foi en eux pour hausser les épaules. Mais du temps où il y avait une gauche en France, cette injure - dans la bouche d'un président de la République - eût mis un million de citoyens sur le pavé. Une "politique de civilisation" ? Certes, mais laquelle ? Chacune se définit par sa façon de souder ou de distinguer le temporel et le spirituel. Des Eglises libres de l'Etat, dans une nation élue, comme aux Etats-Unis, ce n'est pas un islam inféodé à l'Etat, comme en Turquie, ni un Etat libre des Eglises, comme en France, fille de sainte Geneviève et de Diderot. Après d'heureux aperçus sur le considérable apport du christianisme, le discours du Latran a dérivé vers une falsification de notre état civil. Et la prière psalmodiée dans la capitale du fanatisme, Riyad, louant Dieu comme "le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes", oublie que le Dieu unique a été autant cela que son contraire.
C'est entendu : si aucune civilisation ne peut vivre sans valeur suprême, le temps est passé des messianismes de substitution qui demandaient à un accomplissement politique de pallier mort et finitude. Une république laïque n'a pas à promouvoir une quelconque Vérité, révélée ou "scientifique". Mais que notre chose publique, par une chanceuse exception, se soit affranchie, en 1905, des religions établies ne la réduit pas à une courte gestion de l'économie, notre intouchable état de nature. Enraciné dans l'instruction publique, le projet républicain d'émancipation a sa noblesse. Il y a un code des libertés publiques, mais la Fraternité n'est pas réglementaire. C'est une fin en soi, qu'on peut dire transcendante, sur laquelle peuvent se régler pensées et actions.
Tout citoyen à la recherche de ce qui le dépasse se verrait enjoint de regarder l'au-delà ? Cela revient à délester la République de toute valeur ordonnatrice. Il y a loin de l'enseignement laïque du fait religieux, que j'avais recommandé, que l'Assemblée nationale a approuvé, à ce détournement dévot du fait laïque. Notre propos n'était pas d'humilier l'instit pour vanter l'iman ou le pasteur. Mais d'étendre les Lumières jusqu'au "continent noir" des religions, non de les abaisser. Encore moins de les éteindre. "La mystique républicaine, disait Péguy, c'était quand on mourait pour la République. La politique républicaine, c'est quand on en vit." Cette dernière ne sera pas quitte envers la première avec une gerbe de fleurs le 14-Juillet ou une belle envolée quinquennale. Faut-il, parce que les lendemains ne chantent plus, remettre aux détenteurs d'une Vérité unique le monopole du sens et de la dignité ? Entre la high-life et la vie consacrée, il y a le civisme. Entre le top model et Soeur Emmanuelle, il y a l'infirmière, l'institutrice, la chercheuse. Entre l'utopie fracassée et le Jugement dernier, il y a ce que l'on se doit à soi-même, à sa patrie, à autrui, à l'éthique de connaissance, au démon artistique. Ces transcendances-là, qui se conjuguent au présent, sans dogme ni magistère, ne sont pas les seules, mais elles ont inspiré Marie Curie, Clemenceau, Jean Moulin, Braque, Jacques Monod et de Gaulle (dont la lumière intérieure n'était pas la religion, mais l'histoire). Etaient-ce des professeurs de nihilisme ? Dans le rôle du mentor et du liant entre factions, la franc-maçonnerie des rich and famous semble avoir remplacé celle des loges radicales d'antan, moins flashy mais plus éclairante. Faut-il, parce que le Grand Occident succède au Grand Orient, réduire le gouvernement à une administration, la scène nationale à un music-hall et la foi religieuse au statut de pourvoyeuse d'espérance aux désespérés ? Après l'opium des misérables, l'alibi des richards ? Les vrais croyants méritent mieux.
Au forum, la frime, à l'autel, l'authentique ? Dieu pour les âmes, l'argent pour les corps, ceci compensant cela. C'est l'idéal du possédant. Ce cynique équilibre entre indécence matérialiste au temporel et déférence cléricale au spirituel soulagerait nos élus de leurs obligations d'instruire et d'élever l'esprit public en payant d'exemple. Ce grand écart est possible dans un pays-église, formé au moule biblique, où neuf citoyens sur dix croient en l'Etre suprême et où l'Evangile peut faire contrepoids au big money. La France, où un citoyen sur dix reconnaît l'Inconnaissable, n'est pas la "One Nation under God". Les civilisations ne se délocalisent pas comme des stock-options ou des serials télévisés - anglicismes désormais de rigueur. Fin des Chênes qu'on abat, à La Boisserie, face à la forêt mérovingienne. "S'il faut regarder mourir l'Europe, regardons : ça n'arrive pas tous les matins. - Alors, la civilisation atlantique arrivera..." Encore une prophétie gaullienne confirmée ? Le divin atlantisme désormais à l'honneur donne congé à une tradition républicaine biséculaire au nom d'une tradition théodémocratique inexportable.
L'actuel chef de l'Etat s'est donné dix ans pour rattraper le retard de la France sur la "modernité", nom de code des Etats-Unis, passés maîtres des arts, des armes et des lois. Et voilà que, sur un enjeu crucial où nous avions de l'avance sur la Terre promise des people, un born-again à la française nous mettrait soudain en marche arrière ? Bientôt la main sur le coeur en écoutant La Marseillaise ? Les lapins, faute de mieux, feront de la résistance.
Régis Debray est écrivain, directeur de la revue MédiuM. |  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| Radicalisation nationaliste en Corse, par Jean-Louis Andreani |
| La condamnation d'Yvan Colonna n'explique pas tout. | Le regain de violence en Corse, qui a culminé avec l'incendie criminel du bureau d'Ange Santini, président du conseil exécutif, après l'envahissement de la collectivité territoriale (CTC, équivalent insulaire des conseils régionaux), samedi 12 janvier, va sans doute au-delà d'une réponse à la perpétuité prononcée en première instance contre le berger accusé d'avoir participé à l'assassinat du préfet Claude Erignac. Cette condamnation n'est qu'un élément supplémentaire qui contribue à durcir encore un climat tendu, lié à la crise multiforme du nationalisme, et à faire franchir un nouveau pas à la violence.
Le fait même de s'en prendre aux locaux de la CTC, où siègent pourtant des élus nationalistes, est une nouveauté, liée au fait que le président du conseil exécutif et celui de la CTC, Camille de Rocca-Serra, sont tous deux UMP. Le second est en outre réputé très proche de Nicolas Sarkozy, qui concentre en ce moment toutes les critiques des nationalistes. Au surplus, les dirigeants de l'assemblée de Corse font l'objet d'attaques convergentes de la part de leurs divers opposants, dont les nationalistes, qui leur reprochent une gestion taxée d'immobilisme.
Au-delà du choix de la cible, tout en déplorant les incidents de samedi, Jean-Philippe Antolini, porte-parole du Comité antirépression (CAR), l'un des principaux organisateurs de la manifestation qui a dégénéré, a évoqué, le 14 janvier, l'exaspération des nationalistes. Celle-ci est une réalité. Divisé, de plus en plus critiqué dans l'île même, privé de perspectives politiques par l'échec du référendum de 2003 qui visait à doter la Corse d'institutions nouvelles, ce mouvement est engagé depuis plusieurs mois dans une confrontation avec les pouvoirs publics sur deux fronts : l'offensive policière contre ses militants et la question du rapprochement des "prisonniers politiques".
Le second point constitue une vieille revendication des nationalistes. Le gouvernement de Lionel Jospin avait accepté le principe d'un tel rapprochement, avec incarcération à la prison de Borgo. Les gouvernements suivants n'ont pas été aussi clairs. Mais, de toute façon, le résultat est le même. Si quelques mesures individuelles ont été prises, aucune politique nationale réelle n'a jamais été menée. Sans doute parce que les gouvernements successifs redoutent des possibilités d'évasion, mais surtout l'impact négatif d'une telle mesure sur l'opinion publique du continent.
Quant à la ténacité policière, qualifiée de "harcèlement" par les nationalistes, elle est liée au changement d'approche de la question corse par M. Sarkozy. Depuis l'échec du référendum de 2003, Paris considère que le débat institutionnel est clos. Il n'y a donc nul grain à moudre pour d'éventuelles discussions politiques, auxquelles de toute façon les représentants de l'Etat ne semblent pas du tout disposés. Après ce qu'il a vécu comme un revers personnel en 2003, M. Sarkozy a adopté vis-à-vis du mouvement nationaliste une ligne très dure dont il ne s'est plus départi. A chaque occasion - la dernière a été sa visite en octobre 2007 -, il n'a pas de mots assez durs pour s'en prendre aux nationalistes qui pratiquent la violence, tous ramenés au rang de "voyous" ou de "mafieux". Ces anathèmes réitérés n'impressionnent bien sûr aucun nationaliste. Ils ont même, du point de vue du gouvernement, un effet pervers : ils consolident, voire renouent, des solidarités mises à mal par les divergences politiques et stratégiques. Mais ils se traduisent sur le terrain par une activité policière soutenue.
A partir du moment où, pour faire cesser la violence, les autorités ont écarté une approche politique du sujet, leur pari implicite semble être qu'une action déterminée finira par mettre un terme aux attentats nationalistes. Il est donc bien loin le temps où les gouvernements se voyaient accusés, par leur opposition du moment, de ménager les nationalistes pour ne pas faire capoter des contacts politiques. Police et gendarmerie débordent d'activité pour mettre la main sur les auteurs d'attentats. La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, vient de demander à ses hommes un effort pour réduire encore le délai entre la réalisation d'un attentat et l'interpellation de l'auteur. Les nationalistes et leurs soutiens se plaignent de la multiplication des arrestations spectaculaires et musclées, souvent suivies de remises en liberté, faute d'éléments tangibles, mais qui permettraient au passage de constituer une banque de données ADN de militants nationalistes.
IMPOPULARITÉ GRANDISSANTE
Les limites de cette stratégie sont évidentes. Un cercle sans fin semble enclenché : le renforcement de l'action policière contribue à créer, en réaction, des vocations militantes, nourrit les campagnes de soutien aux nouveaux "patriotes" incarcérés, suscite des actions violentes, qui entraînent une réponse policière, qui elle-même, etc.
Le mouvement nationaliste est donc affaibli à la fois par les coups de boutoir des forces de l'ordre et par ses difficultés politiques. Mais son émiettement et ses échecs se traduisent par l'apparition de militants souvent aussi radicaux que peu encadrés. Que l'incendie de la CTC ait été le fruit d'une action concertée et préparée ou le résultat d'un dérapage incontrôlé, il confirme en tout cas ce phénomène, notamment chez les jeunes.
Cette radicalisation est d'autant plus dangereuse qu'elle est le fait de militants dont la formation politique est beaucoup plus précaire que celle de leurs aînés. Le désaccord d'une partie des animateurs de la mouvance nationaliste et autonomiste avec l'occupation des locaux, les mouvements de colère de dirigeants présents, qui, eux, voulaient quitter les lieux sans incident, montrent que tous sentent combien la situation est insaisissable et risquée. Ainsi, les attentats identifiés comme politiques diminuent - sur les 180 attentats comptabilisés en 2007, seuls 37 % ont été revendiqués -, mais ne cessent pas, et de nouvelles formes de violence se développent : violences urbaines lors des manifestations et, maintenant, incendie volontaire au sein même de la CTC.
Pourtant, la condamnation de la violence politique est de plus en plus répandue dans l'île. Les modérés de la mouvance prennent des positions de plus en plus tranchées et se joignent à la condamnation émanant de la société civile. La rupture entre autonomistes et nationalistes au sein de l'assemblée de Corse, en germe depuis des mois, est devenue publique après l'incendie du bureau de M. Santini. Mais, paradoxalement, la violence survit à son impopularité grandissante, et devient même peut-être plus dangereuse, ce qui complique encore l'équation insulaire.
Jean-Louis Andreani
Article paru dans l'édition du 18.01.08. |  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| A lingua, i naziunalisti è i clanisti |
| S'hè aperta nat'à u forum di l'ultras bastiacci una ragiunata nat'à a quistione di a lingua corsa, dopu a publicazione di l'idee di Cortey à prò di a lingua corsa. U cuntrastu hè pianu pianu sguillatu ver di a quistione di a leia trà i naziunalisti è i muvimenti pulitichi francesi è in particulare l'UMP. | Eccu quì a mo risposta:
Ùn a sò s'è u più difficiule serà di cunvince i soi(parlendu di l'UMP). Ci volerebbe ch'è no aprimu l'ochji. S'è no vulmeu vince, ci vole ch'è no(i naziunalisti) ci aprimu à d'altre ghjente chì ùn anu micca listessa storia pulitica chè a nostra. Ùn puderemu mai vince s'è no firmemu scantati, alluntanati da l'altri gruppi pulitichi è sempre in uppusizione. D'un antra parte, à elli, li vene assai più faciule di vince cun noi. In più di quessa, hè scambiata a situazione dipoi 30 anni. A CFR hè sparita è vulè ùn vulè, l'idee purtate da i naziunalisti impegnanu oramai a sucetà è u populu corsu.
Sta situazione porta un risicu.
S'è ricusemu l'apertura, u risicu hè di passà per ghjente sceme stremiste chì ricusanu di piglià u putere à l'usu Besancenot. U ricusu hè di vede cum'è u FN in Francia, vede e so idee ripigliate è purtà d'altre persone à u putere. Ci vole à scambià. Ci vole à integrà da cima in fondu u ghjocu puliticu. Ci vole à presentà si à tutte l'elezzione. Ci vole à fà l'unione, nun solu incù i naziunalisti ma dinù incù e ghjente chì a ci la dumandanu, al di là di l'anziane upposizione diritta/manca.
Ùn vecu nisuna cuntradizzione à fà l'unione in Bastia per esempiu incù Chiarelli è in Aiacciu incù Renucci. Nant'à u fondu, a sfarenza hè poca. In quantu à tutti quelli chì stanu in prigiò, seria una bona ch'elli veganu chì i so ripresententi piglessinu di più putere di modu à difende ancu megliu a so situazione è fà ch'elle si biotinu e prigiò.
Vi daraghju un esempiu. Hè quellu di i naziunalisti. In Catalogna, sò oramai trenta anni ch'elli sò à u putere i naziunalisti. Eppuru ùn sò mai stati maiuritarii. Cumu anu fattu? Ghjocanu incù l'altri partiti spagnoli tradiziunali. Incù u ghjocu di l'unione, a facenu à tene u putere cun elli. Cusì, u presidente di a Generalitat hè sempre statu naziunalistu, da Jordi Pujol à Maragall. PEnsu ch'ellu hè un bellu esmpiu per noi, nun solu per piglià u putere o di più putere ma dinù per a pulitica ch'elli anu messu in ballu à prò di a Catalogna è in particulare di a so lingua. :D
"A strada ùn hè micca difficiule, hè u difficiule chì ghjè u caminu"
http://crij.phpnet.org/Foru_Arrabbiati/phpBB2/viewtopic.php?f=2&t=4290&st=0&sk=t&sd=a&start=30
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| A valutazione di i ministri di a CTC ... |
| L'hà detta Sarkozy, i ministri saranu valutati. Parechji criterii sò stati scelti secondu e funzione è e missione di i ministri. Allora, s'omu vole valutà i ministri, perchè ùn feriamu micca una valutazione di i capazzoni di u cunsigliu esecutivu. | 
A valutazione di i ministri...
Per esempiu, si puderebbe valutà u rispunsevule di l'acqua secondu u prezzu di l'acqua, secondu i ghjorni senza acqua, in funzione quantunque di a sicchia. Ma sarebbe più difficiule di valutà à longu andà. Perchè i capatoghji liati à a sicchia è à l'evuluzione di u clima ùn si ponu micca misurà à a lesta, in quattru è trè sette.
Di fatti, u tempu di l'azzione pulitica ùn hè quellu di a valutazione da l'upinione o da i media.
Infine, nant'à u tema di a valutazione. Si puderebbe valutà u pesu di a pulitica linguistica di a CTC in funzione di a calata o di a cullata di u numeru di i lucutori corsi... Hè solu quessu l'elementu da piglià in contu, ancu puru s'è d'altre infurmazione puderianu puntillà u studiu. Tandu, i capizzoni difenderianu i so risultati dinunziendu i pochi mezi chì li sò stati dati. Ma tandu, ùn simu più in a realità ma in a pulitica fizzione... |  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
|
 |
 |
| Devoirs d'exemplarité |
| Eccu u cap'articulu di u giurnale Le monde. Tratta di l'affare di i HLM rigalati à ghjente chì ùn ne anu bisognu... Sopratuttu, mintuveghja u duvere, per un omu puliticu d'assestà i so atti persunali privati incù u so discoru publicu... Hè longa a cumpagnia... A dice u pruverbiu corsu chì da u dì à u fà, ci hè quant'è da u tesse à u filà!
|
Jusqu'où faudra-t-il aller pour mettre un terme aux pratiques illustrées, une fois de plus, par l'affaire du luxueux appartement à loyer très modéré de l'ex-directeur de cabinet de Christine Boutin, ministre du logement ? Voire à celle, si elle est avérée, de celui occupé par Jean-Pierre Chevènement ? Exiger des nouveaux ministres et de leurs collaborateurs une déclaration de logement, comme pour les élus qui sont astreints à une déclaration de patrimoine ? Où s'arrêter ? Comment ne pas faire naître des soupçons injustifiés ? Faut-il contrôler les directeurs d'administration centrale, qui, eux aussi, incarnent l'Etat ?
Il est de bon ton de dénoncer l'évolution de la société vers toujours plus de règles, de garde-fous, de limitations, d'interdictions. Mais que faire quand un principe aussi essentiel que la concordance des discours et des actes est foulé aux pieds par ceux-là même qui sont supposés incarner le souci de l'intérêt général ?
Quoi qu'en disent, à chaque affaire, ceux qui sont pris la main dans le sac, les conditions de logement d'un homme public ne relèvent pas seulement de sa vie privée. Surtout quand le pays est confronté à une crise aiguë du logement. Dans ce domaine, de l'affaire Juppé (1995) à l'affaire Gaymard, dix ans plus tard, en passant par quelques autres, s'agissant de personnalités investies de responsabilités publiques, supposées irréprochables, l'application du principe "pas vu pas pris" est particulièrement malvenue.
Outre le manque de sens civique que dénotent des habitudes confortables de la part de ceux qui sont supposés le porter au plus haut, ces aventures immobilières témoignent souvent d'un cynisme et d'un aveuglement destructeurs. Dans la tête du citoyen ordinaire confronté au mal-logement, à l'explosion des prix, aux distances de plus en plus grandes entre lieu de travail et lieu d'habitation, chacun de ces mini-scandales ancre un peu plus l'idée que, décidément, les gens "d'en haut" sont une bande de copains qui, derrière les grands discours, se partagent toujours discrètement les privilèges du pouvoir.
La situation à Paris est emblématique. La municipalité a entrepris de moraliser ses procédures d'attribution, de les rendre plus transparentes. Avec un succès limité, puisque même l'adjoint au logement s'avoue incapable d'évaluer le nombre de personnes occupant de manière indue des logements à bas prix. La publication de la liste des élus bénéficiant de logements sociaux, dont les Verts agitent la menace, a un parfum désagréable de délation. Pour éviter d'en arriver là, de nouvelles contraintes sont sans doute nécessaires. Mais le meilleur remède serait que le dévoiement de l'esprit public devienne un véritable interdit moral. Vaste programme.
Article paru dans l'édition du 25.12.07. |  | | > Commentaire(0) | |
 |
| Dimanche 23 Decembre 2007 |
 |
| "La communication de Nicolas Sarkozy s'inscrit dans un présent perpétuel" |
|
François Jost, sémiologue et professeur à la Sorbonne, décypte la stratégie de communication présidentielle.
Hè una bona di spiegà i fundamenti di a cummunicazione di Sarkozy. Pare una seria di televisiò a presidenza di quellu omu. Ogni ghjornu, a Francia sana aspetta a seguita. À quandu divorzia, à quandu s'affacca in Corsica, à quandu parte per u Tchad, per i Stati Uniti, per l'Afganistanu è tira avanti è tocca... Trà dui viaghji, si ne và à spassu incù Carla Bruni à Eurodysney per rifalà à u pianu di u francese mezanu. Subitu dopu esse si intrappulatu da Kadhafi, si ne và à scuntrà à u Papa.
À mezu à stu cumbugliu, sò passate bè e riforme di e ritirate è di l'università. Ancu un pocu mi ne scurdava!
E riforme pulitiche venenu à u secondu pianu. Cun ellu, sò i so scontri incù e persunalità di a scena mundiale è i so viaghji (per esempiu quellu in China) chì premenu nant'à a vita mischina di i francesi chì di sera, si sfocanu guardendu à PPDA cuntà ci i fatti è e malfatte di u sgiò presidente.
In quantu à a Corsica, hè listessa, ci porta di fole in canzone, d'ADN in DNAT è a so storia incù Carla Bruni, pare ch'ella fessi di più rimore ch'è l'attualità.
| 
La rencontre avec le président Kadhafi à Paris, la sortie avec Carla Bruni, le rendez-vous avec le pape : que vous inspirent ces trois séquences ?
Je ne suis pas sûr que ces trois images soient parfaitement compatibles. Ni que l'une puisse chasser l'autre. La séquence avec Kadhafi raconte une histoire qui touche l'humanité. Les grands principes, les droits de l'homme ne se montrent pas, ne sont pas télévisuels. Ce n'est plus du ressort de la seule illustration et de la dimension individuelle. C'est une limite que Nicolas Sarkozy n'avait pas rencontrée jusqu'alors. Sa communication est faite de symboles. Cela fonctionne tant qu'il les maîtrise. Dans la photo prise à Disneyland avec Carla Bruni, par exemple, il y a une deuxième lecture : celle d'un Français simple qui aime les attractions venues d'Amérique. Sur le perron de l'Elysée avec Kadhafi, il n'a plus la maîtrise des symboles. Le président libyen est apparu poing levé vers le ciel comme un vainqueur, il a utilisé Nicolas Sarkozy pour sa propre stratégie de communication.
Dans un livre coécrit avec Denis Muzet, intitulé Le Téléprésident, à paraître le 10 janvier, vous analysez le lien entre la communication du président et la télévision. En quoi y a-t-il adéquation entre ces deux univers ?
Sa communication s'inscrit dans un présent perpétuel. Elle est en accord avec la vision du monde construite par la télévision ces dix dernières années. Nicolas Sarkozy n'a pas pour modèle Hollywood mais l'univers télévisuel, avec ses émissions de télé-réalité, ses talk-shows et une conception de l'information qui privilégie le temps réel, la mise en avant des victimes et les témoignages au détriment des analyses. Le président se déplace dans ce monde où l'on change de situation chaque seconde, avec un effet de zapping incroyable.
Pensez-vous que cela puisse fragiliser la fonction présidentielle et amoindrir la crédibilité de son titulaire ?
Nicolas Sarkozy a montré qu'il voulait sortir des protocoles. Il est en train de désacraliser la fonction présidentielle. Je ne suis pas sûr que les Français en aient vraiment envie et je ne suis pas sûr qu'il puisse revenir en arrière. Sa communication risque d'avoir des limites quand il va tomber sur des sujets qui ne relèvent plus d'un livre d'images.
Propos recueillis par Laurence Girard
Article paru dans l'édition du 23.12.07. Le monde |  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| "La loi du maquis" selon le nouve obs |
| I media francesi è a Corsica, cusì bellu tema di dissertazione. Ci sarebbe tantu à dì. St'articulu di u nouvel obs hè propiu un mudellu di a chjuculezza di u cerbellu di i giurnalisti francesi.
Trà i sbagli (sò i zitelli di "Lupini" (sic) chì falanu davanti à a prefettura d'Aiacciu...), i preghjudicati è u disprezzu, ci serà da ride o da pienghje?
Un affare hè sicuru, trà a Corsica è a Francia, ci hè più ch'è u mare. |
De Calvi à Bonifacio, le berger de Cargèse n'est ni un héros ni un martyr. Les insulaires ont choisi le silence pour évoquer l'assassinat du préfet Erignac. Par peur ou par esprit de clan.
Une veillée funèbre pour Yvan Colonna devant le palais Lantivy, la préfecture d'Ajaccio. Ce ne sont pas des femmes en noir qui officient, comme le veut la tradition, mais des lycéens et des jeunes paumés venus de Lupini, cette banlieue insoumise où on trouve de la drogue et quelquefois des armes. Ils ne sont qu'une centaine. La révolution en Corse ne pouvant se faire qu'en chantant, ils chantent des lamentos polyphoniques et plaintifs qui pleurent sur le malheur du prisonnier et de sa famille, mais aussi «Bella Ciao», le chant des partisans italiens, et bien sûr «Commandante Che Guevara», le tube de la jeunesse radicale corse qui est en train d'inventer le corsico-guévarisme.
Sur le trottoir d'en face, une mère lève les bras au ciel : «Mon fils est peut-être avec eux, mais je ne le vois pas.» Elle s'éloigne dans la direction opposée, vers l'ancienne place du Diamant. Elle a peut-être peur que le fiston devienne un nouveau Colonna, mais elle ne veut rien voir ni savoir. Elle s'enfuit.
Un peu plus tard, les jeunes font semblant d'attaquer le commissariat central à coups de pétards et de cailloux. Les CRS les chargent, la matraque levée, dans les ruelles qui descendent vers la rue Fesch. Sur le cours Napoléon, les Ajacciens continuent de faire leurs achats de Noël. Ils jettent à peine un regard à ces courses-poursuites qu'ils semblent prendre pour un jeu, comme si ces gamins et ces gamines n'étaient pas leurs enfants. Ils ne sont préoccupés que de l'image que la Corse donne à la France. «Qu'est-ce qu'ils doivent penser de nous sur le continent ?», dit une femme en chargeant ses achats dans son 4x4, le véhicule fétiche des Ajacciennes friquées. «Ils ne nous aiment pas», c'est l'interminable plainte des Corses. «Ils», ce sont les Français. Colonna, ils ne prononcent même pas son nom. Ils le vomissent parce que l'assassinat du préfet Erignac les a stigmatisés et mis au ban de la communauté nationale. En même temps, ils le soutiennent au fond d'eux-mêmes parce qu'ils l'ont tous enfanté par leur légèreté, leur silence prudent, leur complicité clanique et souterraine avec les «natios» extrémistes. C'est pour ça qu'ils n'osent pas aller chercher, en les tirant par l'oreille, leurs fils et leurs filles qui caillassent les boucliers des CRS. Ils se sentent déchus de leur droit parental.
A Cargèse, le village natal de Colonna, on entoure sa famille, Jean-Hugues, son père, l'idéaliste dépassé, Stéphane et Christine, son jeune frère et sa soeur aînée, et même Cécile, sa mère, qu'Yvan avait reniée parce qu'elle était bretonne. On ne veut se souvenir que de l'enfant du pays, du secouriste qui a sauvé des vies humaines, de l'animateur sportif qui s'investissait dans le club de foot, de ce garçon si serviable, si gentil avec les vieilles dames. «C'est triste, des jeunes du village condamnés à de si lourdes peines», dit Hyacinthe. L'assassinat du préfet Erignac est passé sous silence, enfoui. A Cargèse, c'est le nom d'Erignac qui est tabou, on ne le murmure qu'à voix basse, toutes portes closes. On devine chez tous cette arrière-pensée informulée : «Qu'Yvan soit innocent ou coupable, on s'en fout. Il faut qu'il sorte.»
La solidarité envers les Colonna dépasse tous les clivages politiques et sociologiques, efface les vieilles rancunes. Cargèse est un village grec, où le philos, les attaches familiales, les amitiés, les liens claniques l'emporteront toujours sur le nomos, sur la loi. Cargèse est traversé de lignes mémorielles enchevêtrées, symbolisées par les deux églises qui se font face, la grecque et la latine. Elles rappellent les combats et les massacres qui ont opposé les colons grecs installés par Gênes et les bergers du Niolo, jaloux des oliviers et des vignes plantés par l'envahisseur. L'église latino-corse représente le nationalisme dur; qui s'est implanté à Cargèse tandis que l'église grecque affirme l'attachement à la France et une méfiance séculaire vis-à-vis des «natios». Mais aujourd'hui Cargèse-les-Deux-Eglises fait table rase de son passé sanglant et se rassemble autour d'Yvan Colonna. Il est devenu un personnage sacré parce qu'il a l'onction du maquis et qu'il s'est un moment réfugié dans la forêt d'Aitone, où au XIXe siècle le bandit Théodore Poli commandait une armée de trois cents hors-la-loi. Le maquis fait partie de la culture corse. Celui qui a pris le maquis, quoi qu'il ait fait, est à la fois un héros et un pénitent, qui a expié ses péchés et ne doit plus rien à la justice des hommes. Cette mythologie, ce regret lancinant de l'ère agropastorale explique qu'il reste en Corse des clandestins irréductibles qui, aussitôt après le verdict, ont mitraillé la gendarmerie de Zicavo et plastiqué les deux villas de Mme Flavie Révillon, une amie de jeunesse de Mme Erignac. Mal encadrés, en pleine dérive, ils se battent avec l'énergie du désespoir contre le reste du monde. Mais l'ère agropastorale est finie depuis longtemps. La Corse d'aujourd'hui n'est plus dans la montagne. Elle est chez Carrefour, chez Champion, chez Intermarché. Les Corses ne mènent plus de chèvres. Ils poussent des chariots, comme partout.
François Caviglioli
Le Nouvel Observateur
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| E scruccunerie di Chevènement |
| Quellu chì pocu fà ci dava lezziò di republicanisimu, quellu chì pocu fà dinù hà persu u so carrigone di diputatu, questu quì, st'omu di manca, amicu di Zuccarelli, questu quì vi dicu, ghjè un scruccone. Hè un elettu pariginu di manca chì a dice...
| Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris chargé du Logement, invite l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement à quitter le logement social dont il bénéficie dans le centre de Paris.
Selon Mano, l'appartement de cinq pièces de Chevènement, situé rue Descartes dans le Ve arrondissement, est "un logement social déconventionné (ndlr, sans plafond de ressources), à loyer libre".
"Il est regrettable qu'il ne le quitte pas", dit l'élu socialiste dans un entretien que publie samedi Le Parisien.
"Par principe, un parlementaire, un ministre n'a rien à faire dans un logement social", estime-t-il.
Jean-Yves Mano précise que la mairie de Paris n'a "aucun moyen" de le déloger, "sauf de réviser le loyer au moment du renouvellement du bail".
Le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a répondu vendredi aux propos d'un opposant de Belfort l'accusant d'occuper "indûment" une HLM dans cette ville dont il fut maire.
"A chaque fois que s'ouvre une campagne, les spécialistes du coup bas se découvrent", a dit Jean-Pierre Chevènement, cité par Le Parisien.
L'ancien ministre déclare louer un appartement pour 750 euros par mois sans les charges "en acquittant un surloyer correspondant à mes ressources au dessus-du plafond".
"J'ai le droit d'être locataire", ajoute-t-il.
Le directeur de cabinet de la ministre de la Ville Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer, a démissionné jeudi après que Le Canard enchaîné a révélé qu'il bénéficiait d'un logement de la Régie immobilière de la ville de Paris pour un loyer très inférieur au prix du marché.
Elizabeth Pineau
Chevènement - HLM - Corsica - |  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| Pulizza, ghjustizia è libertà individuale |
| Mentre in Corsica cresce a mossa contru à a presa di l'ADN è e viulenze pulizzere, in America, u FBI hà palisatu un prughjettu chì t'hà per scopu di mette ci tutti quanti nant'à schede. U periculu ci hè per e libertà individuale perchè omu ùn sà cumu st'infurmazione ponu esse aduprate. Pensate appena s'è Hitler avia avutu una banca di dati cusì precisa nant'à i Ghjudei. Averebbe pussutu fà ancu peghju. Trà u bisognu di ghjustizia è u travagliu nicissariu di a pulizza è u rispettu di e nostre libertà individuale, ci tocca à assestà un spaziu chì rispetta l'interessu di tutti.
Da leghje dinù nant'à stu tema, un articulu scherzosu ind'è u solu giurnale in lingua corsa : "A nazione".
|
Le FBI lance un projet doté d'un milliard de dollars, visant à mettre au point la plus importante banque de données biométriques au monde, informatisée, afin de fournir au gouvernement américain de nouveaux moyens pour identifier des personnes, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, rapportait vendredi le Washington Post.
Le FBI, principale agence d'enquête pour le compte du département américain de la Justice, a d'ores et déjà entrepris d'accumuler des photos numériques de visages, d'empreintes digitales, de paumes, précise le Washington Post.
ADN - fichage - police - liberté - justice |  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
 |
| Septembre 2008 |
| L | M | M | J | V | S | D |
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | | 29 | 30 | | | | | | | << >> | |
 |
|
|
|
 |
Toute la Corse sur Club-Corsica.com |
|